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Meyrueis

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Meyrueis, (en occitan Maruèis) est une commune française située dans le département de la Lozère en région Occitanie. Elle est située entre les contreforts du mont Aigoual, au sud ; et le causse Méjean, au nord. La commune marque ainsi la frontière entre la zone géographique des grands Causses : causses Noir et Méjean, séparés par les gorges de la Jonte ; et les vallées cévenoles. La commune est placée au sein de la périphérie du parc national des Cévennes, et à proximité immédiate de sa zone centrale.

Les premières traces d’un habitat permanent dans le vallon de Meyrueis remontent à la fin de la Préhistoire. La région est partagée entre différents peuples celtes : Gabales sur le causse Méjean, Rutènes vers le Rozier et sur le causse Noir, Volques Arécomiques entre Meyrueis, le mont Aigoual et Nemausus (Nîmes). L’agglomération meyrueisienne elle-même n’apparaît qu’au début de l’ère chrétienne sur une terrasse dominant le confluent de la Jonte avec la Brèze et le Béthuzon.

Une campagne de fouilles, menée dans les années 1980 au quartier du Claouset, a permis d’identifier un groupe d’habitations situé autour d’un monument public (temple ou basilique civile ?). Cet ensemble gallo-romain est datable du Ier siècle. D’autres vestiges de la même époque jalonnent également la région. Les vallées de Meyrueis constituent ensuite la limite nord-ouest de la civitas (territoire administratif puis diocèse) de Nîmes.

À la chute de l’Empire romain, la région de Meyrueis est incluse dans le royaume des Wisigoths. Au VIIIe siècle, lors de l’invasion musulmane en Espagne, ce royaume disparaît ; sa partie gauloise, la Septimanie, un temps dominée par les Sarrasins, intègre l’empire carolingien. Au Xe siècle, la puissante famille cévenole d’Anduze, descendante des derniers comtes wisigoths de Nîmes, règne sur toute la région. Meyrueis marque alors les frontières entre le Languedoc, auquel elle appartient, face aux comtés voisins du Gévaudan et du Rouergue.

Dominant la cité d’une cinquantaine de mètres, le Rocher porte la forteresse d’origine carolingienne des barons de Meyrueis, de la branche cadette de cette maison d’Anduze. Meyrueis est également le siège d’une viguerie représentant localement le pouvoir vicomtal nîmois et s’étendant du causse Méjean jusqu’à la haute vallée du fleuve Hérault. Au gré des mariages et des héritages, la baronnie et le château appartiennent ensuite successivement aux Roquefeuil-Anduze (1129), aux comtes de Rodez (1230), à ceux d’Armagnac (1298), aux ducs d’Alençon avant d’échoir en 1321 à la famille d’Albret.

Située entre Causses et Cévennes, étape sur une importante voie de commerce et de transhumance entre Auvergne et Bas-Languedoc (le camin ferrat), la cité devient, dès le Xe siècle, un lieu d’échanges. Ses trois foires annuelles, dont celle de la « Saint-Michel » qui dure dix jours fin septembre, et son marché hebdomadaire attesté dès 1033 attirent les négociants des trois provinces.

Ces foules justifieraient l’existence de nombreuses auberges (dont la maison Portalier) ainsi que la présence d’un minuscule quartier juif (la Judarié). Le négoce porte sur les céréales, la laine, les bestiaux, les chevaux et mulets employés au transport des marchandises. L’importante foire de la « Saint-Michel » marque aussi localement le terme des paiements à crédit, des contrats d’embauche des bergers et autres salariés ainsi que celui des baux de fermage.

En 1607, Henri IV, qui a hérité du château de Meyrueis de sa mère, Jeanne d’Albret, unit ses possessions au domaine de la Couronne de France. Quelques années après, Jean Gély de Costelongue, lieutenant du viguier royal, réunit tous les titres et actes officiels de la baronnie de Meyrueis et les transcrit dans un registre : le Thalamus (1620). Avec la révolte des villes protestantes de l’Ouest et du Sud de la France contre le jeune roi Louis XIII, le château connaît son dernier siège en mai 1628. Le duc Henri de Rohan, chef militaire des révoltés, vient mettre le siège avec plusieurs milliers d’hommes devant le Rocher.

Celui-ci, tenu par une garnison fidèle au roi, menace en effet l’insurrection de la ville. Au bout de trois semaines de blocus, les 130 soldats royaux du capitaine Régis capitulent, laissant le château aux mains du duc. Mais ce succès est de courte durée : le duc est défait en 1629. La paix d’Alès, si elle amnistie les rebelles, ordonne néanmoins la destruction de leurs fortifications. La démolition du château et des deux portes principales de la cité a lieu en 1632. Il faut cependant attendre le milieu du XVIIe siècle pour que la religion catholique se rétablisse définitivement. Vers 1655, l’évêque de Nîmes, Anthyme-Denis Cohon, dont dépendait alors la paroisse de Meyrueis, confie la restauration du culte catholique à une communauté de jésuites.

Trois prêtres sont chargés de ramener à la foi des protestants qui constituent 90 % de la population. La vaste église Saint-Pierre, avec son couvent adjacent, est ainsi consacrée en 1663. Les pères jésuites créent également un collège dans l’ancien prieuré ; ils y reçoivent les fils de bonnes familles protestantes, placés là par les autorités en vue d’obtenir leur abjuration. La révocation de l’édit de Nantes en 1685, localement matérialisée par l’érection d’une croix de la « Révocation », voit la destruction du premier temple protestant édifié vers 1580. En 1694, pour mieux encadrer les huguenots cévenols nouvellement convertis, Louis XIV créé l’évêché d’Alès. Meyrueis devient le siège d’un des archiprêtrés de ce nouveau diocèse.

Tout au long du XVIIIe siècle, la communauté protestante de Meyrueis continue de mener une certaine résistance face aux persécutions royales (les dragonnades). De 1685 à 1791, des compagnies de dragons sont en garnison à Meyrueis où elles effectuent leurs manœuvres et exercices place du Champ de Mars (Pré Nouveau). D’ailleurs, la maison Joly de Morey rappelle l’histoire de cette famille de notables protestants issue d’un capitaine de Dragons ayant épousé Judith Vallat de Lisside qu’il était censé convertir au catholicisme. Subjugué par l’opiniâtre résistance de sa femme et de sa belle-famille, c’est finalement lui qui adopte la religion protestante : cela lui vaut la condamnation aux galères et l’exil à Genève.

La guerre des Camisards affecte aussi la région entre 1702 et 1705 (prise du château d’Ayres). Une confrérie de pénitents blancs regroupe également quelques notables convertis de la cité. La prospérité économique de la ville se poursuit néanmoins grâce aux chapeliers, dont le nombre ne cesse de croître, et au négoce, notamment celui des bêtes de somme, très actif vers 1780. D’autres maisons de notables, négociants ou propriétaires terriens, marquent aussi les faubourgs de Meyrueis : la maison Maurin (ou Grande maison) de la fin du XVIIe siècle, la maison Cavalier, la maison de Thomassy, la maison Bragouse de Saint-Sauveur… En 1760, la paroisse ne compte encore que 400 catholiques sur une population de presque 4000 âmes (avec tous les hameaux des environs). Pourtant, la situation religieuse s’apaise un peu à la fin du siècle : un presbytère protestant est bâti en 1783.

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    Nom des habitants : Meyrueisiens
    Nombre d'habitants : 882
    Superficie : 104,68 km2 km2

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