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Langogne

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Langogne (Langònha ou Lengònha en occitan) est une commune française, située dans le département de la Lozère en région Occitanie, à la limite entre la Haute-Loire et l’Ardèche. Située à l’extrême nord-est de la Lozère, la ville de Langogne est cernée par une couronne de montagnes au relief atténué : la Margeride au nord, le volcan de Bonjour au sud-ouest et la butte de Beauregard à l’est avec une petite élévation aplatie au sommet appelée Mont Milan. Elle se trouve aussi à l’orée de la vaste forêt de Mercoire d’où serpente le Langouyrou, qui lui a probablement donnée son nom. Cette rivière au parcours tumultueux parfois, s’écoule doucement en traversant Langogne puis se jette dans l’Allier qui continue sa course à la sortie de la ville.

La création de la ville de Langogne remonte à la fondation de son monastère, en 998. L’analyse des sites archéologiques autour du mont Milan laisse penser à une activité humaine au moins aux IIe et 1er siècles avant notre ère, c’est-à-dire entre la fin du 2e âge de fer et le début de l’époque gallo-romaine. Deux sites importants de vestiges archéologiques (Lago et Coudelines) attestent d’une présence gauloise dans la vallée de Naussac et si la vidange du barrage en 2005 a fait apparaître en surface des pièces étonnantes à exploiter, les pages d’histoire restent muettes jusqu’en l’an 998 où, les actes de fondations de la ville, un texte officiel capital, parle pour la première fois de Langogne.

Le territoire appelé Gévaudan est divisé alors en huit vigueries. La viguerie de Langogne est dirigée par le vicomte Étienne et sa femme Angelmode qui, avancés en âge, ont voulu marquer leur domaine de leur empreinte spirituelle. Ils ont ainsi, avec leur fortune, fait bâtir une église et un monastère. Ce sont douze moines bénédictins de Saint-Chaffre du Monastier qui s’installent ici et une vie rurale s’organise alors autour d’eux.

Des remparts sont construits pour protéger cette communauté laborieuse : de petites maisons en chaume viennent se blottir près du prieuré et on peut supposer que malgré la pauvreté des terres et les maigres ressources, des années s’écoulent calmement dans le respect des règles religieuses et l’autorité du prieur puisque celui-ci est propriétaire des terres et jouit des droits seigneuriaux.

La situation géographique de cette petite cité médiévale en fait rapidement un carrefour d’échanges et de négoce. En 1336, le premier marché notoire appelé foire de la Saint-Gilles donne à Langogne sa réputation commerciale qu’elle gardera toujours. On y vend du vin, du cuir, des tissus, de la laine et des produits agricoles divers. Les marchands s’installent petit à petit dans le bourg, la population s’accroît et des constructions se font au-delà des murs.

Au cours des siècles, ce régime féodal laisse progressivement place à une administration laïque. Langogne devient ville de consulat et obtient ses libertés et ses magistrats. D’abord administrée par un conseil politique composé d’un maire, de deux assesseurs, de quatre consuls et quatre conseillers, un édit de 1771 vient établir officiellement le rôle du maire. Il reste toutefois au seigneur la justice et la puissance territoriale.

Il faudra attendre les États Généraux, en 1789, et la Révolution pour voir le département de la Lozère crée. Langogne, après hésitation car la Haute-Loire s’intéresse aussi à ce territoire bien situé géographiquement, y est rattaché. Le premier maire, Jean Bourguignat de Chabaleyre a poursuivi son mandat quelques mois suivi par Jean Louis Mathieu.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795. Si l’administration a été bien instaurée alors, la vie quotidienne de la cité demeure malgré tout difficile : deux inondations ravagent la partie basse de Langogne (le 3 octobre et le 10 novembre 1790) tuant neuf personnes. Les récoltes gelées ne permettent pas de remonter la pente et la municipalité doit emprunter 25 000 francs pour nourrir ses citoyens. En 1792, chute de la royauté : une société populaire est chargée de surveiller les municipalités. Des faits rapportés dans les archives font état de perquisitions, rafles d’animaux, d’objets précieux ou religieux.

On traque surtout les anti-révolutionnaires en dispersant les religieux et occupant leurs locaux. Ainsi, les Bénédictins, les Capucins, les sœurs de Notre-Dame et de Saint-Joseph doivent subir ce expropriations. Le 19 novembre 1793, tous les objets religieux sont amoncelés sur la place des Moines et brûlés. La statue de la Vierge est retirée du bûcher subrepticement par le pharmacien Tantoine et protégée en attendant des jours meilleurs. Les périodes sombres du Directoire laissent des souvenirs amers : les villageois sont bien sûr favorables aux réformes nécessaires, mais ils restent profondément attachés à la religion et à leurs communautés religieuses qui ont régi leur pays durant des siècles.

Pourtant, si l’on en croit les écrits, ils ne semblent pas réagir fortement aux cruautés et aux actions dévastatrices du comité de surveillance pourchassant le clergé : perquisition du couvent de Saint-Marie (collège) pour y mettre 106 détenus et condamnation à mort d’Honoré Mazoyé, père bénédictin réfractaire, et Gabrielle Privat sa protectrice dénoncés par ses voisins.

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Nom des habitants : Langonais
Nombre d'habitants : 3014
Superficie : 31,37 km2 km2

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