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La Flore

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Cousins, cousines …
On a trop souvent tendance à oublier que nous appartenons à la grande famille du vivant, que nous avons un ancêtre commun qui fait des plantes nos lointaines cousines, que nous en sommes tributaires, non seulement pour avoir créé l’air que nous respirons et le bleu du ciel révélateur de notre protection contre les UV, mais aussi pour la nourriture, les soins, les objets, la régulation du climat, etc.

Ce que nous voyons à l’extérieur ne nous est pas étranger. Nous sommes de la même unité d’énergie en expansion dans l’univers. Comme nous, les plantes sont le produit d’une longue évolution au gré de la transformation progressive de notre terre, depuis l’accrétion de la poussière d’étoiles, en passant par la boule de feu jusqu’à toutes les formes de vie actuelle. La plante fabrique des matériaux de vie à partir des matériaux inertes, chose que nous sommes incapables de faire naturellement !

Comme nous, les plantes vont choisir leurs lieux de vie où elles vont se développer et se reproduire. Comme nous, elles vont s’adapter aux conditions bioclimatiques propres à ces lieux, et si ces lieux sont variés, il y a de fortes probabilités que la diversité spécifique sera au rendez-vous.

Un cadre idéal …

Chaque région du monde recèle une incroyable biodiversité associant des formes de vie étonnantes, affrontant les froids polaires et les chaleurs équatoriales, survivant dans les déserts ou les lieux inondés.

Il y a cependant quelques régions privilégiées possédant un panel de milieux très diversifiés, voire extrêmes, où se côtoient à peu de distance, entre sols calcaires ou acides, des montagnes boisées aux sommets enneigés, des prés et des champs, des garrigues arides, de vastes plaines, des étangs et des marécages, un littoral varié, véritable frontière entre deux mondes totalement différents : le monde aérien et le monde aquatique.

La région du Languedoc-Roussillon peut se réjouir de posséder une telle variété de milieux, agencés à la façon d’un amphithéâtre épousant la courbe élégante du Golfe du Lion ! Près d’une trentaine de « sous » régions naturelles ont ainsi été définies, autant d’écrins pour les innombrables joyaux de la flore.

Monts précieux …

Des cinq départements constituant la région, quatre longent la mer Méditerranée, mais celui de la Lozère, à l’intérieur des terres, n’en est pas moins dépourvue d’attraits, avec une partie des Cévennes et des Grands Causses, l’Aubrac, la Margeride.

En haut des gradins, bien sûr les zones montagneuses avec des altitudes allant de l’ordre de 1567 m pour le mont Aigoual, 1700 m pour le mont Lozère, et jusqu’à 2784 m pour le Canigou. Les plantes qui choisissent d’y vivre raccourcissent leur période d’activité et s’équipent de systèmes de protection principalement contre les grands froids : racines profondes, rhizomes et bulbes, sucs concentrés, pilosité importante…

Dans l’étage alpin, là où les conditions climatiques rigoureuses sont telles que même les arbres ne peuvent y pousser, croissent le séneçon blanchâtre, la renouée des Alpes, l’armérie de Mueller, la jasione crépue, etc.

Plus bas, dans les zones subalpines et montagnardes, on y retrouve les plantes mythiques plus familières et qui peuplent notre imagination telles les lis des Pyrénées, le lis martagon, les gentianes, les raiponces et campanules, les pédiculaires, les saxifrages, les scilles et les corydales, etc.

Collines, Causses, ravins, parois sont autant de lieux originaux et variés, propices à la vie, aux adaptations particulières et à l’endémisme. Nos plaines n’ont rien de commun avec les monotones plaines continentales.

Soumises comme les montagnes aux paramètres parfois excentriques du climat méditerranéen, impactées de la présence humaine, elles recèlent, au-delà d’une apparente aridité, une très grande richesse spécifique : chênes, labiées aromatiques, leuzée, psoralée, genévriers, bonjeanie, spartier, garances, cistes, paliure, chèvrefeuilles, salsepareille, phlomis, euphorbes, multiples orchidées souvent rarissimes, etc.

Des plantes rares tel l’Iris xyphium dont il n’existe qu’une petite station en bord de mer, la corbeille d’argent des Pyrénées, la centaurée de la Clape et certaines malheureusement devenues rares du fait de notre ignorance et notre manque d’intérêt : liseron rayé, hélianthème à feuilles de marum, ail chamaemoly, astragale glaux, … qui vont disparaître dans la plus grande indifférence, à deux pas de chez nous.

De la plante ou nous, qui est le plus statique ?
Il est vrai que le statisme apparent de la plante ne nous incite guère à la démarche de nous en approcher, et si notre regard n’en perçoit que la verdoyance, d’aucuns pourraient trouver cela bien ennuyeux.

Et pourtant, derrière l’apparente monotonie de nos cousines, se cachent d’innombrables curiosités et d’étonnantes stratégies. On trouve chez les plantes des systèmes à canon, à ressorts, à boussole, à vis, à parachutes, à capsules, à ailes. On y trouve toutes les stratégies de séduction, depuis les couleurs, les formes, les dessins, les parfums. Et même plus fort que nous puisque certaines ont inventé l’irrésistible parfum sexuel pour être sûres d’attirer l’insecte concerné !

Même le thym, si commun au point de l’appeler vulgaire, développe une incroyable variabilité de son essence pour se maintenir en vie. Mais si des plantes fabriquent des fibres pour nous vêtir et des colorants pour nous séduire, ou des substances que nous utiliserons pour nous nourrir et nous soigner, elles en élaborent d’autres que nous emploierons pour détruire !

Des plantes liées aux grandes civilisations du bassin méditerranéen : le chêne, l’olivier, le châtaignier, le spartier ou genêt d’Espagne longtemps cultivé sur les ruffes rouges du Lodévois et dont les fibres constituaient l’essentiel de la voilure des navires grecs et romains.

La mater du bois, qui engendre l’arbre, donnera le mot « matière » ainsi que le matériau que l’on utilisera pour nos maisons ! L’étonnante et complexe chimie qu’elles élaborent est à la base de notre vie et continue de nous maintenir en vie, même si notre chimie artificialisante nous la met en péril.

Et puis, grâce cette fois-ci à l’ignorance de nos ancêtres, sont nés de multiples contes et légendes qui entourent le monde végétal, entre métamorphoses, génies et dryades, bâton divinatoire de Tirésias et autres baguettes exportées chez Ollivander. Il y a tout cela chez la plante et bien davantage. Rien n’est statique dans le monde végétal, bien au contraire, et ses liens avec le monde animal, en font une relation extrêmement dynamique.

La clef du coffre !

On pourrait énumérer les milliers de plantes qui sont en Languedoc-Roussillon, et les centaines d’animaux qui en dépendent étroitement, mais notre coffre aux trésors semble être fermé de l’intérieur. Comment l’ouvrir ? Une sensibilisation s’impose ainsi qu’une véritable éducation à l’environnement pour les enfants, pour ne pas parler d’une rééducation des parents. Il faut s’en approcher, très près, au besoin avec une loupe, petite clef qui ouvre un autre monde encore plus sensuel.

Il semble paradoxal d’être environné d’une telle richesse floristique, et donc faunistique, et d’éprouver si peu d’intérêt à la connaître. Certes, on peut vivre sans problème toute une vie sans s’être approché d’une fritillaire ou d’une orchidée.

Des yeux pour voir et pour regarder…

La nature nous interpelle quand nous subissons les atmosphères de la ville et du travail. On dit que l’on s’y ressource, qu’on aime la contempler, éprouver un bien-être en se promenant dans un cadre agréable… Mais beaucoup finissent par s’ennuyer dans cette jolie carte postale… Combien s’approchent de la plante et de la fleur pour s’emplir de sa beauté, de sa fragrance, de son architecture ?

Toute cette richesse et pourtant… Est-elle si inaccessible que si peu d’entre nous fasse la démarche d’aller l’admirer de près, et de la connaître ?
Quel est donc cet étrange processus d’aveuglement qui nous habite et nous fait passer à côté de la beauté de ce qui nous environne ? Notre regard glisse sur les choses comme les ricochets sur l’eau de la rivière. Que connaissons-nous désormais des plantes et des animaux qui vivent proches de nous ? Que représente la nature pour nous ?

La technologie de l’information et de la communication, et la mise à disposition du public des nombreux livres naturalistes, sont une invitation à découvrir sur place toute la beauté du monde. Le statisme devient une étape du mouvement.

Nous pouvons et devons protéger les plantes et les sites qu’elles habitent, pour offrir aux générations futures les mêmes émotions profondes ! Point n’est besoin de se gargariser à « Protéger la nature » !! A preuve du contraire, c’est la nature qui nous protège !! Faisons en sorte qu’elle continue de nous protéger.

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