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Écrivains marquants d’Occitanie des origines au XXe siècle

Il est pratiquement impossible de présenter en quelques lignes les auteurs de fiction (romanciers, poètes, auteurs de théâtre…) étant nés ou ayant vécu en Occitanie. On se contentera donc de poser des jalons en citant quelques noms parmi des dizaines de possibles.

Tout commence aux XIIe et XIIIe siècles avec les troubadours, écrivains de langue occitane. Ceux-ci composent des textes qui chantent l’amour courtois comme Esclarmonde de Foix, Guillem Figueira, Pèire Vidal ou Azalaïs de Portiragnes ou encore Guillen de Cabestany qui écrit en catalan. Ils pratiquent aussi la satire sociale avec Aymeric de Peguilhan de Toulouse tandis que le Biterrois Matfre Ermengaud donne avec son Bréviaire d’amour un ouvrage encyclopédique. Au XIVe siècle, sept troubadours de Toulouse fondent les Jeux Floraux, concours poétique destiné à codifier l’usage de la langue occitane. Il est certain que l’ordonnance de Villers-Cotterets prise en 1539 par François 1er a contribué à reléguer la langue occitane puis, à partir du XVIIe siècle, la langue catalane, à un usage surtout parlé.

La plupart des auteurs de la région font, dès le XVIIe siècle, le choix de la langue française, comme l’a fait déjà au XVIe siècle l’Albigeois Clément Marot. Il est significatif de constater qu’en 1639, quatre ans après la fondation de l’Académie française, dont la vocation est de favoriser la divulgation de la langue française, Jacques Esprit, né à Béziers, entre dans cette institution suivi, en 1653, par un autre Biterrois, Paul Pellisson, historiographe de Louis XIV. Dès le XVIIIe siècle, le fabuliste de Sauve Florian, les poètes audois Fabre d’Eglantine, André et Marie-Joseph Chénier, le poète montalbanais Lefranc de Pompignan (considéré comme le père d’Olympe de Gouges) acquièrent une notoriété nationale.

La première moitié du XIXe siècle a d’abord été le siècle du feuilleton et l’on a bien oublié aujourd’hui que Frédéric Soulié, né à Foix, fut l’un des quatre grands feuilletonistes de la Monarchie de Juillet avec Eugène Sue, Alexandre Dumas et Honoré de Balzac. De Tarbes viennent Théophile Gautier et deux poètes « maudits » de Tarbes, Lautréamont et Jules Laforgue, tous deux nés en Uruguay mais ayant fait leurs études dans cette ville. À la même époque, le dramaturge Étienne Arago, né à Perpignan et frère du grand savant François Arago, jouit à Paris d’une belle réputation comme les philosophes montpelliérains Auguste Comte et Charles Renouvier ou le romancier nîmois Alphonse Daudet.

La fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe sont marquées par les romanciers de facture classique Paul Vigné d’Octon et Ferdinand Fabre, chantres des garrigues languedociennes. Plus tard, les Gardois André Chamson et Jean-Pierre Chabrol situent volontiers le cadre de leurs romans dans les Cévennes, José Cabanis et Pierre Gamarra dans la région toulousaine, Ludovic Massé, Arthur Conte, Hélène Legrais dans le pays catalan.

On note, tout au long du XXe siècle, chez les plus notoires des écrivains de la région, une attirance pour de nouveaux modes d’expression, chez le poète sétois Paul Valéry, qui ouvre la voie dans ce domaine, puis chez ceux qui sont parfois influencés par le surréalisme comme le dramaturge Henri Bataille et les poètes Joé Bousquet de Carcassonne, Pierre Reverdy né à Narbonne, Francis Ponge de Montpellier, Joseph Delteil l’Audois. Quant à Claude Simon, d’origine roussillonnaise et prix Nobel de littérature, il est le meilleur représentant en France du Nouveau Roman. On n’oubliera pas les poètes capables de mettre en musique leurs œuvres qui parlent aussi de leur pays comme Charles Trenet de Narbonne, Georges Brassens de Sète, Bobby Lapointe de Pézenas, Claude Nougaro de Toulouse.

Quant aux écrivains de langue occitane ou de langue catalane, ils connaissent depuis le XVIe siècle une longue période difficile durant laquelle émergent quelques noms : au XVIIe siècle ceux du poète baroque toulousain Pierre Goudouli puis, durant les années 1820, du poète agenais Jasmin qui suscite l’admiration de Sainte-Beuve et de Lamartine peu avant que naisse le Félibrige de Frédéric Mistral. Au cours de la première moitié du XXe siècle, Antonin Perbosc du Tarn-et-Garonne, Léon Cordes et le dramaturge Émile Barthe assurent la permanence des lettres occitanes qui prennent un nouveau départ à partir des années 1960 avec Robert Lafont, Max Rouquette, Claude Alranq, Yves Rouquette et les poètes-chanteurs Maria Roanet (également écrivain de langue française), Claude Marti, Mans de Breisch etc. La littérature catalane du Nord est marquée par le poète et dramaturge Jorge Peire Cerda, Père Verdaguer et les poètes-chanteurs Jordi Barre et Teresa Rebull.

Aujourd’hui, en ce début du XXIe siècle, la veine romancière et poétique ne se tarit pas dans la région bien au contraire mais il est encore difficile en quelques mots de présenter les auteurs marquants.